21 Décembre 1939 – L'hiver dans toute sa splendeur – Pluie, vent, froids, brume et toute la sauce. Notre activité sur les lignes est remplacée par une non activité sur le terrain. Quelques convoyages aller et retour sur BOURGES qui prennent parfois plusieurs jours, because la météo, because aussi certains détours bien compréhensibles par REIMS et autres lieux.

Ces convoyages sont parfois rendus sportifs par la nuit tombante, ces brumes locales ;… C'est ainsi qu'un beau soir le Sergent DIETRICH pose dans un champ le taxi amiral – 6 mitrailleuses – n° 190, du côté de MONTBARD, et le casse très proprement et définitivement. Le Caporal TRUHLAR jeune pilote tchèque, arrivé le 3 décembre à l'Escadrille se pose à côté et ne casse rien –

A la date d'aujourd'hui enfin une petite corrida.

Une belle mission de chasse libre, ou plus exactement une mission de chasse dirigée par le P.C. avancé de SAVERNE qui nous donne les tuyaux intéressants provenant des postes de Guet. (ainsi furent abattus les 2 boches du 21 Novembre)

2 patrouilles des Diables (CRUCHANT – GUIEU) survolées par 3 des petits poucets

Sur une indication de la voiture, le dispositif se rend … un peu dispersé entre SARREGUEMINE et SARREBRUCK – CRUCHANT est devant accompagné de CARRERE – Je viens derrière avec ma patrouille – Altitude 6000 m lorsque je vois tout à coup un avion venir de ma droite – Un Messerschmidt et piquer dans la queue de CRUCHANT – Je suis dans le soleil, il ne me voit pas, je plonge dessus – Il m'aperçoit, rompt son attaque avant d'avoir tiré, sur un brutal retournement à gauche – Je suis 200 m derrière – Je le suis en piqué très brutal mais il me prend de la vitesse et rien à faire pour me rapprocher à moins de 300 M. Je tire tout de même … vois mes traçantes venir lui passer dessous – Je tire quelques rafales, il me semble que je me rapproche – Nous sommes à moins de 50 m d'altitude – COISNEAU est avec moi – Tire aussi dans les mêmes conditions Nous sommes en Bochie … Mon moteur dont j'ai oublié de remettre la manette de corruction sur riche , se met à bafouiller. Emotion – Presque immédiatement je pousse la manette – Mais le "Pointu" a pris 100 m de plus et rien à faire. Je le plaque la rage au cœur – COISNEAU me suit – Nous franchissons en rase mottes les lignes de fortification entre DEUX-PONTS et ROHORBACH – Retour au terrain – CRUCHANT n'a rien vu ! CASENOBE qui était dans ma patrouille a rejoint CRUCHANT pour rentrer – Aux échelons supérieurs, le Lieutenant VINCOTTE est passé avec ses petits poucets sous 15 Messerschmidt, traçant leur route en formation de défilé !

Il semble que les Boches aient leurs nouveaux Messerschmidt avec le Daimler-Benz " gonflé " – Si je l'avais rattrapé ..! mais il m'a manqué 30 km dans les pattes …!!

 

22 décembre 1939 – Une mission de protection sans histoire –

24 décembre 1939 – Même chose.

25 décembre 1939 – Un froid de canard – Le givre sur toute la nature – Pas de vols – On fête la Noël à l'Escadrille où la distribution des cadeaux de notre marraine est succédée de la traditionnelle dinde aux marrons… et au Groupe où, le soir au cantonnement de ROVILLE, a lieu une grande tombola.

 

26 –27 décembre 1939 – La neige – Les fana – ski sentent à leurs pieds des démangeaisons –

 

30 décembre 1939 – Le froid – Moins 23° ce matin –

                                                                                              GUIEU

 

31 décembre 1939 – Le Lieutenant GUIEU part en permission et me confie la boutique. Je commence par mettre la clé sous le paillasson pour l'après-midi. Un temps de cochon – neigeux, brumeux, verglacé et tout. Nuit de réveillon : des tas de lignes droites. N'allez surtout pas y voir. Même chose le lendemain où les congratulations d'usage ont lieu sur le coup de midi, dans les bas quartiers de la 3. Puis l'Escadrille ayant invité à déjeuner les Officiers du Groupe, il fallut bien ouvrir les huîtres avant de les manger. Méga déjeuner avec beaucoup d'ambiance et de chansons – Même qu'il y avait un accordéon.

 

Janvier 1940